M. Leitao, un peu de sérieux svp !

La SAQ se dirige actuellement vers l’année la plus performante de toute son histoire. Elle devrait verser sans problème son dividende au gouvernement tout en ayant réduit le prix de ses bouteilles, maintenant comparable à la LCBO. La SAQ a également aboli plus de 300 emplois depuis le printemps 2016 pour alléger sa structure administrative et ses charges d’exploitation sont au plus bas à 18,6% en 2016. N’est-ce pas ce que M. Leitao demandait aux dirigeants de la SAQ? Alors pourquoi maintenir cette perpétuelle menace de privatisation?

Il faudrait savoir ce que les détracteurs veulent vraiment : une SAQ publique performante pour que les Québécois en aient pour leur argent, comme ils le disent si bien, ou une SAQ privatisée pour… Pour… Pour quoi déjà? Ou plutôt, pour qui déjà?! François Bonnardel, porte-parole de la CAQ en matière de finances, tient un discours tellement idéologique en faveur d’une privatisation complète de la SAQ qu’il n’est même pas foutu de donner l’information juste à la population québécoise. La société d’état joue un rôle clé dans le développement et la stabilité économique régionale, elle est un pilier indéniable pour la souveraineté économique du Québec. De nombreuses études le démontrent : la privatisation du marché de l’alcool n’a pas pour effet de faire baisser les prix. Entre autres, deux études de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) sont fort éloquentes sur la situation vécue en Alberta et en Colombie-Britannique. Le site Notre SAQ, notre fierté fournit également beaucoup d’informations à ce sujet et une foule d’arguments en faveur d’une SAQ publique se retrouvent sur la page Facebook Notre SAQ et dans ce dépliant produit en 2015.

Au cours des dernières semaines, nous avons dénoncé haut et fort les centaines de pertes d’emploi subies par les membres du SPTP. Nous croyons fermement que l’employeur aurait eu tout intérêt à tenir compte de l’apport de ses professionnels pour aider à rendre la SAQ plus efficiente plutôt que de considérer la main-d’œuvre comme une simple dépense. On ne cesse de nous dire que l’idéologie et les menaces récurrentes de privatisation exigent des actions immédiates pour des résultats immédiats, comme l’obsession des Libéraux pour atteindre le déficit zéro. Est-ce vraiment des décisions réfléchies, cohérentes et responsables que de mettre l’entreprise autant à risque en abolissant massivement les emplois ? Quand on constate la volte-face des dirigeants de la SAQ sur la question des drapeaux du Québec, quand on entend ces mêmes dirigeants nous comparer avec Dollarama et Couche-Tard, il est légitime de se poser de sérieuses questions. Nous maintenons qu’il aurait été possible de faire autrement, de discuter ensemble afin de trouver des solutions alternatives aux pertes d’emploi et de participer activement à offrir aux Québécois une SAQ publique performante qui leur appartient fièrement.